Quelle crise climatique ? L’Indonésie exploite ses énergies fossiles
L’Indonésie orchestre une renaissance spectaculaire, rejetant le suicide économique des mandats climatiques occidentaux pour reconquérir sa souveraineté énergétique et ressusciter son modèle historique de prospérité, déclare Vijay Jayaraj.
Pendant des années, l’Indonésie, quatrième pays le plus peuplé au monde, a fait partie du mouvement international en faveur du climat. Comme beaucoup d’autres, son gouvernement s’était rallié à une cause morale sous couvert de réduction des émissions de gaz à effet de serre inoffensifs, dans la poursuite illusoire d’une transition énergétique censée sauver la planète.
Cependant, les gouvernements révèlent leurs véritables convictions non par des discours ou des communiqués soigneusement rédigés, mais par leurs décisions d’investissement, leurs priorités réglementaires et leur stratégie en matière d’infrastructures. À cet égard, l’Indonésie a adressé un message clair au monde : les hydrocarbures demeurent indispensables.
Accélération à fond du développement des combustibles fossiles
L’Indonésie n’est pas un pays riche qui puisse se permettre des expérimentations idéologiques. Abritant près de 280 millions d’habitants répartis sur des milliers d’îles, c’est une vaste nation en pleine croissance, aux ambitions industrielles grandissantes et aux besoins de développement considérables. Les millions d’Indonésiens qui luttent pour sortir de la pauvreté ne peuvent tolérer ni des coupures d’électricité, ni des importations de carburant onéreuses, ni des chaînes d’approvisionnement fragiles.
En conséquence, le ministère indonésien de l’Énergie et des Ressources minérales a mis l’accent sur la création d’un environnement d’investissement équitable et attractif pour les entreprises pétrolières et gazières. Afin d’encourager la production nationale, les autorités ont promis un traitement égalitaire dans tous les cadres réglementaires, assurant ainsi un équilibre entre les intérêts des entreprises publiques, des contractants, des gouvernements régionaux et des entrepreneurs locaux.
En mai, l’Indonésie a lancé une vente aux enchères de 13 nouveaux blocs pétroliers et gaziers, s’inscrivant dans une stratégie plus large visant à placer les hydrocarbures au cœur de sa stratégie énergétique. Ces blocs concernent les zones frontalières de Natuna, du Kalimantan oriental, du Kalimantan septentrional, de Nusa Tenggara oriental, de Papouasie et de la mer d’Arafura, dont plusieurs recèlent, selon les estimations, d’importantes ressources..
En même temps, la multinationale britannique BP aurait remporté d’importants contrats de concession en Indonésie, tandis qu’INPEX Corp., Mubadala Energy, Medco Energi, Bumi Armada, Proteknik Gagah Energi et Sele Energi ont également obtenu des parts du marché indonésien en pleine expansion. BP a décroché trois contrats de production. Deux se situent à proximité de ses installations de gaz naturel liquéfié (GNL) de Tangguh, à Bintuni et Drawa. Le troisième, Barong, est partagé avec le groupe japonais INPEX Corp. Ces contrats, qui s’appuient sur des ressources avérées, promettent une production stable pour les années à venir.
INPEX s’apprête à investir plus de 20 milliards de dollars dans l’immense gisement de gaz naturel d’Abadi, situé près de la frontière maritime indonésienne avec l’Australie. Ce projet devrait produire annuellement 9,5 millions de tonnes de GNL et acheminer quotidiennement 4.2 millions de metres cubes de gaz par gazoduc vers le marché intérieur indonésien.
En organisant des ventes aux enchères agressives de blocs pétroliers et en courtisant des milliards d’investissements dans le GNL, l’Indonésie rejoint une coalition grandissante de nations pragmatiques. Lorsqu’un gouvernement associe les ressources publiques à l’entreprise privée pour maximiser l’extraction pétrolière, on sait qu’il a abandonné les diktats suicidaires des lobbys écologistes. Il veut du pétrole, et il le veut tout de suite.
Cela prouve que le pays ne se contentent pas de belles paroles envers l’industrie des énergies fossiles. Ils lèvent les obstacles bureaucratiques pour garantir que les forages atteignent le sol et que les hydrocarbures soient extraits. Les engagements de neutralité carbone pris lors des forums internationaux s’évaporent sous le poids politique de l’inflation et des pénuries énergétiques.
Reconquérir l’âge d’or de la production énergétique indonésienne
Il y a plusieurs décennies, l’Indonésie dominait le marché mondial de l’énergie en tant que membre de l’OPEP et premier producteur de pétrole et de gaz d’Asie. Depuis la fin des années 1970 au début des années 2000, le pays était le premier exportateur de GNL. Grâce à ses terminaux de Bontang et d’Arun, qui ont expédié plus d’un tiers du GNL commercialisé dans le monde au cours des années 1990, l’Indonésie a alimenté les économies de toute la région.
Les décennies suivantes ont été marquées par un déclin dû à la maturité des gisements, au sous-investissement, à l’incertitude réglementaire et à la hausse de la demande intérieure, transformant ainsi l’Indonésie d’exportateur en importateur.
Aujourd’hui, la vague d’enchères de blocs de forage, les nouvelles attributions de superficies et l’attrait des capitaux privés signalent un retour délibéré au modèle de développement axé sur l’énergie, un modèle qui considère l’approvisionnement national, la solidité budgétaire et la réduction de la pauvreté comme plus urgents que les promesses vaines de changer le climat.
Jakarta orchestre une renaissance spectaculaire, rejetant le suicide économique des mandats climatiques occidentaux pour reconquérir sa souveraineté énergétique et ressusciter son modèle historique de prospérité.
Ce commentaire a été initialement publié dans le California Globe le 18 juin 2026.

Vijay Jayaraj
Vijay Jayaraj est chercheur associé à la CO₂ Coalition, à Fairfax, en Virginie. Il est titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement de l’Université d’East Anglia et d’un diplôme d’études supérieures en gestion de l’énergie de l’Université Robert Gordon, toutes deux situées au Royaume-Uni, ainsi qu’une licence en ingénierie de l’Université Anna, en Inde. Il a également été chercheur associé au sein de l’Unité de Recherche sur les Océans en Mutation de l’Université de Colombie-Britannique, au Canada.
Traduction : Eric Vieira
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