Ce n’est pas la météo qui s’aggrave, mais les poursuites judiciaires…
Le récent rapport de l’Académie nationale des sciences (NAS) pourrait déclencher une vague de nouveaux procès coûteux et de règlements forcés, fondés sur des hypothèses théoriques plutôt que sur des preuves observables, déclare Angela Wheeler.
Au lieu d’une évaluation sérieuse du lien entre les phénomènes météorologiques extrêmes et le changement climatique, un webinaire récent des Académies nationales des sciences (NAS) a présenté un rapport de 253 pages conçu pour renforcer l’affirmation éculée selon laquelle les émissions de dioxyde de carbone (CO2) menacent de provoquer une crise climatique.
La présentation d’une heure était aussi pauvre en données scientifiques que les auto-congratulations étaient excessives. Le comité de l’Académie nationale des sciences chargé d’examiner la question, nous a-t-on dit, avait fait un « excellent travail », amélioré un rapport de 2016 et aurait désormais besoin de davantage de financement et de modélisation théorique. Aucune étude fondée sur des données n’a été menée pour déterminer si le CO2 d’origine humaine modifie la fréquence ou la gravité des intempéries. Le rapport se contente de présupposer ce lien et construit son argumentation à partir de là.
Le président du comité, James W. Hurrell, n’a présenté aucune preuve contradictoire. Le webinaire a passé sous silence la baisse de l’activité cyclonique, les vagues de chaleur extrêmes des années 1930 et les pratiques de gestion forestière qui augmentent la quantité de combustible, suppriment les feux naturels et provoquent des incendies dévastateurs.
Il manquait une perspective historique. L’insistance de Hurrell sur le fait que le Bezos Earth Fund et d’autres groupes écologistes finançant le comité n’exerçaient aucune influence n’était pas convaincante.
Consensus
Le rapport invoque à plusieurs reprises le « consensus » et la forte augmentation des études d’attribution visant à établir un lien entre les phénomènes météorologiques extrêmes et le changement climatique. Cependant, la multiplication de ces recherches semble davantage liée à l’accès aux subventions qu’à la mise en évidence de preuves plus solides, l’argent étant un élément clé dans la fabrication d’un consensus.
Le parti pris du comité en faveur du discours dominant sur la crise climatique est révélé dans un article récent de « The Conversation », où ses membres ont salué les « progrès réalisés dans le domaine des données météorologiques et climatiques, des modèles climatiques et des méthodes d’attribution » permettant aux chercheurs de comparer la météo actuelle à un monde théorique « sans augmentation des gaz à effet de serre ». Le postulat sous-jacent est que le CO2 a aggravé le climat, et que les chercheurs ont seulement besoin de déterminer dans quelle mesure.
Dans la lignée des travaux de ce qu’on appelle la climatologie, la composition et l’équipe de recherche du comité ont exclu des voix indépendantes telles que William Happer, Richard Lindzen, Steve Koonin, Roger Pielke Jr. et Judith Curry. La représentation était fortement influencée par l’orthodoxie climatique universitaire, avec Columbia, Yale et Oxford parmi les plus éminents.
Aucune référence n’a été faite à des recherches telles que celles de Happer et Lindzen, membres de la NAS, dont l’article de 2025 détaille la physique atmosphérique qui sous-tend le potentiel de réchauffement relativement faible du CO2. Selon leurs recherches, ce gaz est si peu efficace que la réduction des émissions aux niveaux envisagés par les alarmistes n’entraînerait que des variations de température trop faibles pour être mesurées ou ressenties.
Un siècle d’observations confirme que les vagues de chaleur, les ouragans, les sécheresses et les feux de forêt ne présentent aucune tendance significative à long terme liée à l’augmentation du CO2. Nombre de ces phénomènes ont atteint leur pic dans les années 1930 ou sont en déclin depuis. En revanche, un doublement du CO2 atmosphérique augmenterait la production alimentaire mondiale d’environ 40 % grâce à son effet fertilisant.
En bref, les travaux physiques de Happer et Lindzen, fondés sur des données, rendent scientifiquement insoutenable l’affirmation du rapport selon laquelle les intempéries seraient dues à un gaz bénéfique.
Prophètes de malheur
Malgré cela et une multitude d’autres preuves contredisant les Cassandres, le chapitre 5 du rapport tente de quantifier les dommages causés par le « changement climatique », allant même jusqu’à aborder les applications juridiques. En s’appuyant sur l’autorité de la NAS concernant les chiffres des dommages et les simulations « contrefactuelles » – en imaginant un climat doux qui aurait régné sans intervention humaine –, le rapport fournit aux avocats spécialisés dans les litiges climatiques un argumentaire fait sur mesure pour les poursuites et les demandes d’indemnisation.
Hurrell a souligné qu’il s’agit de la première initiative de la NAS visant à la fois à attribuer des phénomènes climatiques extrêmes au changement climatique et à évaluer les dommages et intérêts. Ce travail a clairement pour objectif de corriger l’impossibilité des avocats dans le cadre de litiges, d’établir un lien de causalité entre les émissions de CO2 et les préjudices subis, et d’obliger les entreprises énergétiques à en assumer les conséquences financières. Il s’agit d’une pseudoscience visant à fournir aux plaignants la prétendue preuve de causalité et les indemnités que les juges ont maintes fois déclarées manquantes lors du rejet de leurs plaintes.
Le rapport de l’Académie nationale des sciences pourrait déclencher une vague de nouveaux procès coûteux et de règlements forcés fondés sur des hypothèses théoriques plutôt que sur des preuves observables, en épuisant les ressources publiques et privées et en ridiculisant davantage la prétention de légitimité scientifique de l’Académie nationale des sciences.
Plus grave encore, en s’érigeant en défenseurs légaux d’une urgence climatique factice, les Académies nationales érodent davantage la confiance du public envers la science.
Ce commentaire a été initialement publié dans le Washington Examiner le 6 août 2026.
Angela Wheeler est directrice générale de la CO2 Coalition, à Fairfax, en Virginie. Elle est diplômée avec mention de l’Université d’État d’Emporia, au Kansas, où elle a étudié la communication, ainsi que la biologie et suivi des cours préparatoires en médecine.
Traduction : Eric Vieira
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