Aucune preuve que les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents ou plus intenses : (4) Ouragans
Dans une série d’articles consacrés à l’attribution des phénomènes météorologiques extrêmes, le physicien Ralph B. Alexander examine si les observations confirment l’hypothèse d’une augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces phénomènes. Après son précédent article sur les inondations, celui-ci porte sur les ouragans et les typhons.
Ce quatrième article de notre série sur les liens fallacieux entre changement climatique et phénomènes météorologiques extrêmes examine la fréquence des ouragans et des typhons – de puissants cyclones tropicaux qui causent des ravages à travers le monde et ont fait des centaines de milliers de victimes. Or, contrairement à l’opinion générale, les ouragans et les typhons sont en baisse à l’échelle mondiale, et leur fréquence d’impact n’a pas évolué depuis au moins 50 ans.
Les ouragans sont classés selon la vitesse de leurs vents soutenus sur l’échelle de Saffir-Simpson, allant de la catégorie 1 (la plus faible) à la catégorie 5 (la plus forte). Un ouragan majeur est défini comme un ouragan de catégorie 3, 4 ou 5, correspondant à une vitesse de vent maximale de 178 km/h ou plus. Les ouragans se produisent dans l’océan Atlantique et le nord-est du Pacifique, en particulier dans et autour du golfe du Mexique ; les typhons, quant à eux, se produisent dans le nord-ouest du Pacifique.
Galveston 1900
Les ouragans peuvent s’étendre sur des centaines de kilomètres, avec des vents atteignant 240 km/h, voire plus, et causent souvent de lourdes pertes humaines et matérielles. L’ouragan le plus meurtrier de l’histoire des États-Unis a frappé Galveston, au Texas, en 1900, faisant entre 8 000 et 12 000 victimes. Dans les Caraïbes, le Grand Ouragan de 1780 a fait 27 500 morts et les vents ont dépassé les 320 km/h.
La fréquence des ouragans dans le monde depuis 1981 est illustrée dans la figure ci-dessous. On constate que la fréquence globale des ouragans a légèrement diminué en moyenne au cours de cette période ; les ouragans majeurs ne présentent aucune tendance apparente.
La figure suivante illustre la fréquence des typhons depuis 1951, sans toutefois révéler de tendance. Cependant, une étude de 2022 démontre une diminution du nombre total de typhons et de typhons majeurs sur la période de 32 ans allant de 1990 à 2021. Cette même étude confirme la récente baisse du nombre total d’ouragans dans le monde, observée sur la première figure.
Les données relatives au bassin de l’Atlantique Nord, qui sont les données de la meilleure qualité au monde, pour la période 1851-2024, sont présentées dans la figure ci-dessous. Il apparaît clairement que la fréquence des ouragans est restée globalement stable depuis 1851. L’augmentation apparente de l’activité ces 20 dernières années, notamment en 2005 et 2020, reflète simplement les progrès réalisés en matière d’observation depuis 1970 et ne constitue probablement pas une véritable tendance climatique, selon une équipe de spécialistes des ouragans.
Les vols de reconnaissance aérienne destinés à recueillir des données sur les ouragans n’ont débuté qu’en 1944, tandis que la couverture satellitaire ne remonte qu’aux années 1960. Le manque relatif d’observations au cours des premières années s’explique par le fait que les témoignages oculaires à terre excluaient la plupart des ouragans n’ayant pas touché terre, tandis que les rapports provenant des navires en mer étaient sporadiques.
Baisse de 13 %
Une autre étude de 2022 révèle que les cyclones tropicaux en général, qui comprennent les ouragans, les typhons et les tempêtes tropicales, sont en diminution avec le réchauffement climatique. Sur la période 1900-2012, les auteurs de l’étude ont constaté une baisse d’environ 13 % du nombre annuel de cyclones tropicaux par rapport à la période 1850-1900, où ces violentes tempêtes étaient en augmentation.
L’absence de tendance à long terme concernant les ouragans et les typhons à l’échelle mondiale est confirmée par le nombre de cyclones tropicaux qui touchent terre, comme l’illustre la figure suivante ; la ligne bleue continue représente l’ensemble des cyclones tropicaux, la ligne rouge continue les cyclones majeurs (catégories 3, 4 ou 5). La légère augmentation apparente du nombre total de cyclones tropicaux et du nombre de cyclones majeurs touchant terre est statistiquement non significative et pourrait refléter les améliorations apportées à l’observation des ouragans de l’Atlantique Nord depuis 1970, mentionnées précédemment.
Enfin, la figure ci-dessous illustre la fréquence, par décennie, de tous les ouragans et ouragans majeurs ayant touché terre en Floride depuis les années 1850. La Floride est depuis longtemps une cible privilégiée des ouragans. Bien qu’aucune tendance ne se dégage concernant les ouragans majeurs sur 170 ans, la tendance générale est à la baisse, même dans un contexte de réchauffement climatique.
La diminution générale des ouragans et des typhons est quelque peu contre-intuitive, car on pourrait penser que la hausse des températures de surface de la mer, combinée à une humidité atmosphérique plus élevée due à une évaporation accrue, alimenterait davantage les cyclones. Cependant, la formation des cyclones tropicaux est freinée par le cisaillement du vent, qui s’intensifie également avec l’élévation de la température de surface de la mer.
GIEC
Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), dans son sixième rapport d’évaluation, mentionne deux aspects des cyclones tropicaux observés récemment : une intensification plus rapide et une vitesse de déplacement plus lente. Ces deux phénomènes entraînent des pluies plus abondantes après leur arrivée sur les côtes. Toutefois, le GIEC ne les attribue pas au réchauffement climatique, et leurs origines restent encore inconnues.
Pour les Américains vivant dans la région du golfe du Mexique, les ouragans font partie intégrante de leur quotidien depuis Galveston, voire avant. Le nombre de victimes a toutefois diminué au fil du temps grâce à l’amélioration des techniques de planification et d’ingénierie visant à protéger les infrastructures, ainsi qu’à la mise en place de systèmes d’alerte précoce permettant l’évacuation des populations menacées.
Traduction : Eric Vieira
Cet article a été initialement publié sur ScienceUnderAttack, le 28 septembre 2026.

Ralph B. Alexander
Ralph B. Alexander, vulgarisateur scientifique qui privilégie la science au détriment du politiquement correct, est l’auteur de plusieurs rapports récents sur les phénomènes météorologiques extrêmes et le réchauffement climatique. Il a également écrit « La science attaquée : l’ère de la déraison » et « Fausse alerte au réchauffement climatique ». Docteur en physique de l’Université d’Oxford, il a publié de nombreux articles et rapports scientifiques sur des questions techniques complexes. M. Alexander a été chercheur dans des laboratoires en Europe et en Australie, professeur à l’Université Wayne State de Détroit, cofondateur d’une entreprise innovante spécialisée dans les matériaux et analyste de marché dans le domaine des matériaux écologiques pour un petit cabinet de conseil. Il a grandi à Perth, en Australie-Occidentale, et vit actuellement en Californie.
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