Nous avons franchi le pic de la recherche sur le « changement climatique »
Le terme « changement climatique » conserve un certain prestige pour les scientifiques, mais celui-ci s’amenuise manifestement, affirme le statisticien William Briggs. À moins qu’une nouvelle approche ne vienne susciter l’intérêt des autres scientifiques quant à notre destin funeste, la lassitude continuera de faire baisser le nombre d’articles scientifiques sur le sujet.
Les scientifiques ont publié environ 13 millions d’articles sur le changement climatique. (Source : Shutterstock)
William Briggs
Date : 7 septembre 2026
Voici un graphique du nombre annuel total d’articles contenant le mot-clé « changement climatique » :
J’ai obtenu ces données sur scholar.google.com en recherchant l’expression « changement climatique » (entre guillemets), puis en effectuant une recherche année par année. Le point rouge représente une extrapolation linéaire pour 2026 à partir de la date de ma recherche (10 août) jusqu’à la fin de l’année.
Chaque point n’est qu’une estimation, entièrement dépendante de la méthode de recherche et de stockage de Google. Il existe donc une marge d’erreur à chaque point pour refléter le nombre réel d’articles sur le « changement climatique ». Je ne sais pas quelle taille cela devrait avoir. Il y a forcément des doublons, car j’ai constaté que certains articles apparaissent dans les statistiques de différentes années. Mais il y a aussi un important sous -dénombrement, car pendant une longue période, les scientifiques n’utilisaient pas l’expression « changement climatique », mais plutôt « refroidissement global » (au milieu des années 1970), puis « réchauffement global ». Ce dernier terme est tombé en désuétude, étant donné la facilité d’utilisation de « changement climatique » ; autrement dit, un événement météorologique indésirable, même un épisode de froid, peut être qualifié de « changement climatique ».
Il ne s’agit donc que d’une estimation approximative. Mais la tendance générale nous intéresse plus que les valeurs absolues.
Les 13 millions correspondent à la somme de tous les articles annuels.
Explosion
En 1960, on comptait 1120 articles indexés (avec des variations importantes). Le nombre total est resté stable pendant quelques années, puis a augmenté progressivement. Ensuite, comme vous pouvez le constater, il a explosé, atteignant un pic en 2020 avec environ 900 000 publications (articles, livres, actes de conférences et autres productions académiques) évaluées par les pairs.
L’année 2020, comme vous vous en souvenez malheureusement, a été marquée par la panique liée à la COVID-19. Celle-ci a peut-être contribué au ralentissement observé l’année suivante. Cependant, il serait hasardeux d’attribuer la chute continue à cette seule panique. De plus, la majeure partie de cette baisse s’est produite durant la présidence de Biden, connue pour ses discours alarmistes sur le changement climatique. Ce ne sont donc pas les considérations politiques habituelles non plus, qui expliquent cette chute vertigineuse.
Le graphique n’est pas normalisé par le nombre de scientifiques. En 1960, il y avait beaucoup moins de scientifiques qu’aujourd’hui. Cela signifie qu’une grande partie de la croissance pourrait n’être due qu’à une augmentation de la pression médiatique et à la nécessité de publier. À partir de l’article de John Ioannidis et al. intitulé « Estimates of the Continuously Publishing Core in the Scientific Workforce », on peut obtenir des estimations du nombre de scientifiques dans le monde par décennie :
On estimait à environ 175 000 le nombre de scientifiques actifs en 1960 ; aujourd’hui, ils sont quelque 7,52 millions. Ce chiffre est sujet à des variations importantes, car ce qui nous intéresse réellement, c’est le nombre de scientifiques susceptibles de publier des articles sur le changement climatique. Le nombre total de scientifiques estimés (tous domaines confondus) ne constitue qu’une approximation. Néanmoins, nous pouvons extrapoler les chiffres mentionnés ci-dessus pour chaque année et ainsi obtenir le nombre de publications sur le changement climatique par scientifique et par année.
En 1960, environ un scientifique sur cent publiait un article sur le changement climatique. Ce chiffre a explosé pour atteindre environ 17 sur 100 en 1990. Mais il est aujourd’hui en baisse. Et pas seulement pour des raisons politiques, comme nous l’avons vu précédemment.
Ce qui signifie que cette baisse est probablement réelle et non pas due à l’augmentation du nombre de personnes étiquetées comme « scientifiques ».
Ce sont des chiffres mondiaux, du moins en anglais, et ils ne reflètent pas uniquement la politique américaine.
Pourquoi ?
La raison principale, à mon avis, c’est que le sujet est épuisé. Il n’y a plus rien à dire. On tourne en rond. Tous les aspects possibles du « changement climatique » ont été « étudiés » et il n’y a plus grand-chose de nouveau à dire. La plupart des nouveaux articles sont maintenant comme des remakes hollywoodiens.
Vous et moi avons tous les deux constaté que, dans chaque domaine et sur chaque sujet, il existe au moins un article scientifique évalué par des pairs affirmant que le « changement climatique » sera néfaste pour ce sujet s’il est bénéfique, ou bénéfique s’il est néfaste. Logiquement possible, certes, mais c’est un non-sens absolu.
Nous avons également constaté que chaque région de la Terre se réchauffe au moins deux fois plus vite que les autres. Ceci est illogique et absurde.
Au fil des ans, nous avons examiné ensemble des centaines d’articles comme celui-ci, que je dois à Retard Finder sur Twitter (et au Daily Mail) :
Cette absurdité provient de l’article évalué par des pairs intitulé « Lien avec la nature dans l’enfance et espoir constructif : une revue de la recherche sur le lien avec la nature et la gestion des pertes environnementales » de Louise Chawla, paru dans People in Nature, une revue bien réelle (le nom semble fictif, mais il ne l’est pas). L’article traite uniquement des sentiments. Des sentiments sans rapport avec le sujet, liés à des « menaces » comme le « changement climatique ». Voici ce qu’en dit le résumé :
Les émotions que ressentent les jeunes face à la dégradation de l’environnement – inquiétude, frustration et tristesse – témoignent de leur conscience d’appartenir à la biosphère. C’est pourquoi cette étude examine comment les jeunes appréhendent les informations relatives aux grands problèmes environnementaux et identifie des pratiques permettant de maintenir l’espoir.
Il ne s’agit ni de recherche, ni de science. C’est un ramassis de futilités complaisantes se faisant passer pour du sérieux. Ce qui, comme vous et moi l’avons constaté, représente la grande majorité des articles mentionnés plus haut. La plupart, il faut l’admettre, masquent mieux leur absurdité que celui-ci, en recourant aux rituels statistiques qui garantissent le succès de la publication.
Et ensuite ?
La réalité s’est montrée impitoyable envers la recherche sur le « changement climatique ». Les innombrables prédictions apocalyptiques, formulées depuis des décennies, se sont révélées fausses. Du moins, pas dans l’imaginaire collectif. Pour beaucoup, le « changement climatique » répond manifestement à un besoin. Nombreux sont ceux qui ont besoin de constater que leur simple existence – et plus souvent encore la vôtre – « nuit à la planète ». Cette croyance, bien que tiède, est susceptible de perdurer encore quelque temps.
Des extrapolations grossières à partir des images ci-dessus montrent que nous aurons encore au moins une décennie de publications excessives sur le « changement climatique ». Le calendrier dépend des utilisations non scientifiques qui pourront être faites de ces publications, comme la vente d’énergie « verte ». Mais ce marché, comme chacun sait, est déjà saturé. L’argent facile a déjà été engrangé. De toute façon, recouvrir des régions entières d’éoliennes et de panneaux solaires ne fonctionnera pas. (Mon exemple préféré récemment : une grande entreprise énergétique britannique a averti la population de ne pas utiliser l’électricité pendant l’éclipse. C’est à mourir de rire !)
Les victimes continueront de tirer profit de la situation en prétendant que leurs souffrances liées au « changement climatique » sont plus grandes que celles des autres. La politique, à cause de DIE et d’une « immigration » débridée, y contribue. Mais je pense que les effets des querelles ethniques et raciales seront plus importants et que nous n’aurons plus besoin de nous focaliser sur la météo pour attiser les tensions.
Les scientifiques écrivent surtout sur ce qui, selon eux, leur vaudra les éloges de leurs pairs. Le terme « changement climatique » conserve un certain prestige, mais celui-ci s’estompe manifestement. À moins que quelqu’un ne trouve une nouvelle perspective susceptible d’intriguer les autres scientifiques et de leur faire comprendre que nous sommes tous condamnés, la lassitude continuera de faire baisser le nombre de publications. Je n’arrive pas à deviner ce que cela pourrait être. Nous avons déjà exploré tous les thèmes météorologiques classiques à l’excès.
Néanmoins, à moins qu’ils ne trouvent un autre sujet à la mode auquel ils pourront se raccrocher, et il faudrait que ce soit aussi universel que le « changement climatique » ou la COVID, par exemple, il y a de fortes chances que le « changement climatique » reprenne de la vigueur, faute de mieux à faire.
Traduction : Eric Vieira
Cet article a été initialement publié sur le site web de William Briggs le 17 août 2026.
William M. Briggs, le statisticien des étoiles, possède une formation en philosophie, météorologie et cryptographie. Docteur en statistiques mathématiques et titulaire d’une maîtrise en physique atmosphérique, il est reconnu pour ses travaux sur la philosophie de l’incertitude et des sciences. Il est notamment l’auteur de « Uncertainty » et de « The Price of Panic ».
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