L’essor du charbon : La sécurité énergétique et le réalisme climatique
Malgré des années de prédictions annonçant la disparition prochaine du charbon, sa consommation mondiale continue d’atteindre des niveaux records. Vijay Jayaraj analyse les raisons pour lesquelles la demande croissante d’électricité, les préoccupations liées à la sécurité énergétique et les réalités géopolitiques alimentent un regain de dépendance au charbon, malgré l’essor rapide des énergies renouvelables.
Une centrale thermique au charbon située le long du Grand Canal, près de Yangzhou, en Chine. (Source : commons.wikimedia.org)
Vijay Jayaraj
Date : 27 juillet 2026
Une grande partie du débat énergétique mondial continue de faire comme si le charbon était voué à disparaître. Cette illusion peut rassurer les militants, les investisseurs et les décideurs politiques qui ont bâti leurs plans de transition vers les énergies dites propres sans jamais tenir compte des limites de l’énergie solaire et éolienne. Or, le dernier ouvrage de Lars Schernikau et Portia Roberts, « La réalité du charbon que les politiques occidentales ignorent », démontre le contraire : le charbon n’est pas remplacé, mais est superposée à toutes les autres sources d’énergie.
Les données révèlent que la consommation mondiale de charbon s’accélère. La demande d’électricité fiable et de base a fait grimper cette consommation à un niveau sans précédent d’environ 9 milliards de tonnes en 2025.
Ce volume représente une quantité de charbon extraite et brûlée sans précédent dans l’histoire, dépassant largement les niveaux enregistrés avant le lancement des campagnes occidentales de neutralité carbone, dotées de plusieurs billions de dollars. En 2025, la Chine a mis en service à elle seule 80 gigawatts de nouvelles centrales à charbon, soit suffisamment pour alimenter 60 millions de foyers.
La guerre en Iran, en perturbant les approvisionnements en gaz naturel liquéfié, a encore accru la demande de charbon, les pays se tournant vers d’autres combustibles pour la production d’électricité. Cet impératif stratégique a entraîné une forte augmentation des expéditions de charbon à travers le Pacifique. Le Bangladesh, le Japon, les Philippines, la Corée du Sud, Taïwan et le Vietnam ont immédiatement augmenté leurs importations de charbon pour éviter les coupures de courant, la Chine et l’Inde étant à l’avant-garde de cette transition.
La demande de charbon continue de croître
Parallèlement à l’expansion des installations d’énergies alternatives, la consommation de charbon a progressé de façon similaire. Ces deux sources d’énergie ne sont pas incompatibles, mais se développent pour répondre à une demande croissante d’électricité et de production industrielle.
Les réserves mondiales prouvées de charbon – gisements exploitables économiquement grâce aux technologies actuelles – permettent une exploitation pendant 130 à 150 ans au rythmes de consommation actuels. Compte tenu des réserves géologiques restantes, la Terre possède suffisamment d’anthracite et de charbon bitumineux pour de nombreuses centaines d’années.
Schernikau et Roberts rappellent également que le charbon est essentiel à la sécurité alimentaire. Près d’un quart de la population mondiale dépend d’engrais à base d’ammoniac issu du charbon. Abandonner le charbon trop rapidement, c’est risquer non seulement des coupures de courant, mais aussi la production alimentaire et, en fin de compte, des vies humaines.
Le récit climatique se déroule
Ce retour aux combustibles solides fiables coïncide avec l’effondrement, attendu depuis longtemps, de l’architecture pseudo-scientifique qui a alimenté pendant des décennies le récit d’une crise climatique fabriquée de toutes pièces. Pendant des années, des scénarios de phénomènes météorologiques extrêmes, fondés sur des modèles climatiques erronés, ont été systématiquement instrumentalisés par des bureaucrates activistes pour exiger le démantèlement de l’économie à base d’hydrocarbures.
La plus flagrante de ces manipulations était le scénario de concentration représentatif 8.5 (RCP 8.5), ainsi que son pendant, le RCP 7.0. Le consensus international en matière de modélisation a officiellement abandonné ces tromperies, confirmant que le RCP 8.5 est officiellement « invraisemblable ». Les scénarios apocalyptiques utilisés pour terroriser le public et manipuler les marchés financiers n’ont jamais été fondés sur des données réelles.
Le cadre institutionnel conçu pour priver les secteurs énergétiques conventionnels de capitaux d’investissement se désagrège sous nos yeux. La campagne des entreprises en faveur du respect des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) a subi un net recul à l’échelle mondiale. Les consortiums d’investissement internationaux, menés par des géants institutionnels comme BlackRock, ont discrètement démantelé ou considérablement assoupli leurs exigences climatiques strictes. Les groupes bancaires internationaux et les associations aéronautiques mondiales ont annulé ou revu à la baisse leurs échéances ambitieuses de neutralité carbone.
Pourquoi le charbon est encore important
Le fantasme d’une transition rapide et sans heurts hors des hydrocarbures s’est heurté de plein fouet aux lois physiques et aux impératifs géopolitiques. Les technologies énergétiques dépendantes des conditions météorologiques ne peuvent pas alimenter les aciéries, faire fonctionner l’industrie lourde ni garantir l’approvisionnement alimentaire national. Les experts du climat peuvent continuer à annoncer la mort du charbon, mais le marché le ressuscite sans cesse car son ampleur, sa fiabilité et sa disponibilité restent inégalés.
Il faut cessez de prétendre que chaque augmentation des énergies renouvelables implique une diminution du charbon, et cessez d’utiliser des scénarios extrêmes pour effrayer le public et lui faire accepter des politiques inadaptées aux besoins des économies en croissance. Il faut arrêter de dire aux pays en développement qu’ils doivent sacrifier un approvisionnement énergétique fiable au nom de modèles prédictifs qui ne sont plus crédibles.
Ce commentaire de Vijay Jayaraj a été initialement publié par PJ Media le 15 juillet 2026 sous le titre « Sécurité énergétique et réalisme climatique : l’essor du charbon ». L’équipe éditoriale de Clintel a ajouté quelques sous-titres pour en faciliter la lecture.
Vijay Jayaraj
Vijay Jayaraj est chercheur associé à la CO₂ Coalition, à Fairfax, en Virginie. Il est titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement de l’Université d’East Anglia et d’un diplôme d’études supérieures en gestion de l’énergie de l’Université Robert Gordon, toutes deux situées au Royaume-Uni, ainsi qu’une licence en ingénierie de l’Université Anna, en Inde. Il a également été chercheur associé au sein de l’Unité de Recherche sur les Océans en Mutation de l’Université de Colombie-Britannique, au Canada.
Traduction : Eric Vieira
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