Le succès des climatosceptiques américains est le fruit d’un travail acharné

Le succès des climatosceptiques américains est le fruit d’un travail acharné

Le succès des climatosceptiques américains est le fruit d’un travail acharné

Le succès actuel du mouvement climatosceptique aux États-Unis n’est pas le fruit du hasard. Il est le résultat de plusieurs décennies de travail délibéré, de réseautage et de campagnes stratégiques, explique Craig Rucker de CFACT.

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Craig Rucker: Succes of American climate sceptics is the result of hard work

Craig Rucker à la conférence EIKE. (Source : EIKE )

Fondation Clintel
Date : 15 août 2026

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Lors de la récente conférence EIKE à Halle (Allemagne), Craig Rucker a présenté un exposé sur la manière dont le mouvement climatosceptique, ou climato-réaliste, est devenu une force politique influente aux États-Unis. Rucker est président du Comité pour un avenir constructif (CFACT), basé à Washington, D.C. Plutôt que de se concentrer principalement sur les sciences du climat, il privilégie la stratégie politique, l’organisation, la communication et l’activisme.

Vous pouvez consulter l’intégralité de la présentation de Rucker ici :

Rucker a commencé par présenter CFACT, qu’il a cofondée en 1985. Cette organisation œuvre dans le domaine des politiques publiques à Washington, produit des rapports et des études, fournit des témoignages, entretient des relations avec des scientifiques et des conseillers universitaires, et anime un programme impliquant des étudiants sur les campus universitaires américains. CFACT est également connue pour ses formes d’activisme non conventionnelles, notamment les manifestations publiques, les actions coup de poing, le déploiement de banderoles et les campagnes d’action directe. Rucker a décrit l’organisation, non sans humour, comme la « Greenpeace de la droite ».

Racines historiques

Il s’est ensuite penché sur ce qu’il considère comme le succès politique actuel du réalisme climatique aux États-Unis. Rucker a dépeint les États-Unis comme exceptionnellement réfractaires à l’agenda climatique international et a soutenu que cette résistance s’enracine profondément dans l’histoire. Il a rappelé la réticence américaine face aux accords internationaux sur le climat, à commencer par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 1992, suivie de l’opposition au Protocole de Kyoto, de la résistance aux initiatives internationales ultérieures et, finalement, du retrait de l’Accord de Paris. Selon lui, les États-Unis ont joué à maintes reprises le rôle de « force de résistance » à l’action dans le domaine de la politique climatique internationale.

Rucker a soutenu que cette résistance politique reflète l’opinion publique. Se référant à des sondages internationaux, notamment une enquête IPSOS, il a affirmé que les États-Unis figurent parmi les pays les plus climatosceptiques. Il a souligné que le scepticisme ne saurait se limiter à un rejet catégorique du changement climatique. Selon lui, il convient également de prendre en compte les personnes qui estiment que le réchauffement est principalement naturel, ainsi que les indécis. Partant de ce constat, il a avancé que la majorité des Américains adhèrent nettement moins au discours dominant sur le climat que les Européens. Il a par ailleurs comparé l’importance politique du changement climatique aux États-Unis et en Europe, arguant que la politique climatique influence beaucoup moins le comportement électoral des Américains.

Trump

Rucker a attribué une grande partie des récents succès politiques du mouvement au leadership politique de Donald Trump. Il a notamment salué l’opposition de Trump à l’Accord de Paris, son rejet plus général des institutions internationales sur le climat, son opposition à l’éolien en mer et sa propension à qualifier le programme climatique actuel de « canular ». Rucker a reconnu que la Terre s’est réchauffée, mais a interprété les propos de Trump comme faisant référence à ce qu’il considère comme le discours politique exagéré entourant le changement climatique.

Un thème majeur était l’importance du personnel au sein du gouvernement. Rucker affirmait que « les personnes font la politique », ce qui signifie que les dirigeants politiques peuvent avoir un impact considérable en nommant des fonctionnaires partageant leurs opinions. Il a salué des personnalités telles que le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, et l’administrateur de l’EPA, Lee Zeldin, pour ce qu’il décrit comme une déréglementation massive et des efforts visant à démanteler les politiques climatiques fédérales. La création d’un groupe de travail gouvernemental sur le climat, réunissant des scientifiques sceptiques comme Judith Curry, Roy Spencer et John Christy, revêtait une importance particulière à ses yeux. Bien que les travaux de ce groupe aient été ultérieurement abandonnés en raison d’une erreur administrative, Rucker considérait son existence comme symboliquement importante car elle représentait une tribune gouvernementale officielle pour des points de vue qui avaient été largement exclus auparavant.

Rucker a toutefois souligné que le leadership politique à lui seul n’explique pas le succès du mouvement. Il a fait valoir que les fondements avaient été posés au fil des décennies par des organisations, des scientifiques, des militants, des communicateurs et des donateurs. Il a rejeté l’idée que le climatoscepticisme ait réussi grâce à un financement supérieur à celui de l’activisme environnemental. Au contraire, Rucker sait que les organisations alarmistes pour le climat disposent de ressources financières bien plus importantes, citant les milliards de dollars mis à la disposition des principaux groupes et fondations environnementales, contre des ressources relativement modestes pour les organisations réalistes en matière de climat.

Stratégie

Ce déséquilibre financier, selon Rucker, rend l’organisation et la stratégie essentielles. Il a soutenu que les climato-réalistes ont besoin de ressources, même si leurs besoins sont moindres que ceux de leurs opposants. Il a également fermement réfuté l’idée que le mouvement soit principalement financé par l’industrie des énergies fossiles. Il a reconnu que certaines compagnies pétrolières et gazières ont soutenu des organisations sceptiques au début du mouvement, notamment entre 1998 et 2006. Cependant, d’après Rucker, les grandes entreprises énergétiques ont par la suite abandonné ces organisations pour adopter la neutralité carbone. Il a donc dépeint les grandes entreprises énergétiques comme de moins en moins fiables, voire hostiles au mouvement climato-réaliste.

La partie suivante de la présentation portait sur l’organisation et le réseautage. Rucker a décrit la coalition Cooler Heads comme un exemple important de coordination efficace entre organisations. Plutôt que de se concentrer sur des désaccords abstraits concernant la science du climat, les membres de la coalition se réunissent régulièrement pour traiter de questions législatives, de poursuites judiciaires, de réglementations et d’initiatives politiques spécifiques. Il a soutenu que les organisations devraient préserver leurs atouts individuels tout en contribuant à une coalition plus large. Dans son exemple, différents groupes se spécialisent dans les politiques publiques, la science, l’activisme au niveau des États, la communication ou les campagnes de mobilisation citoyenne.

L’Art de la Guerre

Rucker a ensuite exposé les principes tactiques adoptés par CFACT. Il a indiqué que l’organisation s’était inspirée à la fois de L’Art de la guerre de Sun Tzu et des Règles pour les radicaux de Saul Alinsky. De ces sources, il a tiré plusieurs principes : gagner par la stratégie et la perturbation plutôt que par la confrontation directe ; exploiter ses propres forces et les faiblesses de l’adversaire ; attaquer là où l’adversaire est pris au dépourvu ; recourir au ridicule ; et dénoncer l’hypocrisie ou l’incohérence.

Il a illustré ces principes par des exemples tirés de l’histoire de CFACT. L’un des premiers concerne le sommet environnemental de 1992 et la décision de l’organisation d’envoyer Dixie Lee Ray, ancienne gouverneure de l’État de Washington et scientifique, pour contester le discours dominant sur le climat. En obtenant une large couverture médiatique grâce à Rush Limbaugh, Rucker a démontré qu’une organisation de taille modeste pouvait toucher des millions d’Américains et influencer le climat politique entourant le sommet.

Une autre tactique consiste à exploiter les faiblesses perçues dans la promotion des énergies renouvelables par le mouvement écologiste. Rucker a mis en lumière des problèmes tels que l’aménagement du territoire, le coût de l’électricité, l’impact sur les oiseaux et la faune sauvage, ainsi que l’opposition aux projets éoliens. Il a décrit les campagnes de CFACT, incluant des banderoles, des panneaux d’affichage, des rassemblements, des bateaux, ainsi que des agriculteurs, éleveurs et groupes amérindiens. Selon lui, l’opposition populaire aux projets éoliens et solaires représente une vulnérabilité majeure pour le mouvement écologiste.

Perturbation

Rucker a également insisté sur l’effet de surprise et la perturbation. Il a décrit des manifestations ciblant des personnalités du militantisme climatique et des événements importants, notamment Al Gore, Greenpeace et James Hansen. L’objectif, a-t-il expliqué, est d’intervenir là où les opposants ne s’attendent pas à de résistance et ainsi d’attirer l’attention des médias.

Le ridicule est un autre élément central de sa stratégie. Rucker a soutenu que l’humour peut déstabiliser un adversaire plus efficacement qu’une argumentation classique, car il est difficile de se défendre contre la moquerie. Il a mis en avant le travail de Mark Morano, communicateur chez CFACT, et a évoqué des campagnes satiriques, des vidéos et des manifestations visant à dénoncer ce que Rucker considère comme les absurdités du militantisme climatique.

Enfin, Rucker a insisté sur la nécessité de dénoncer l’hypocrisie perçue. Il a cité des exemples de personnalités ou de politiciens engagés pour l’environnement dont le mode de vie, les voyages, le logement ou les habitudes de consommation semblent en contradiction avec leurs déclarations publiques en faveur de la réduction des émissions. CFACT a utilisé des vidéos d’investigation et d’autres campagnes médiatiques pour mettre en lumière ces contradictions.

Rucker a conclu en insistant sur le fait que le mouvement américain des climato-réalistes n’est ni accidentel ni désorganisé. Selon lui, il est coordonné, stratégique et repose sur des décennies de travail en réseau entre organisations, scientifiques, militants, communicateurs et acteurs politiques. Son succès, a-t-il affirmé, démontre qu’un mouvement relativement modeste, aux ressources financières limitées, peut défier un système politique bien plus vaste et mieux financé s’il allie des voix scientifiques crédibles à une organisation efficace, une communication percutante, un militantisme de terrain dynamique, une capacité à bousculer les idées reçues, une pointe d’humour et un engagement politique stratégique.

Traduction : Eric Vieira

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By |2026-08-14T23:43:10-07:0014 August 2026|Climate Change|0 Comments

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